L'année 2013 marquait le cent cinquantième anniversaire de la municipalité d'Armagh. La présente exposition virtuellei rassemble quelques photographies d'époque pour rappeler cet événement..
Située dans le plateau appalachien, au sud-est de la municipalité de Saint-Raphaël et traversée par la route 281 et la rivière du Sud, la municipalité d'Armagh est bornée au nord-ouest par celle de Saint-Nérée, au sud par Saint-Philémon et à l'ouest, par Saint-Damien-de-Buckland.
Armagh a été dénommée à partir d'un canton proclamé le 13 juillet 1799, lequel incluait déjà son territoire. Ce nom reprend celui d'un comté de l'Ulster en Irlande du Nord dont le chef-lieu porte aussi le nom d'Armagh, patrie de saint Malachie. À l'époque de la fondation d'Armagh en 1863, on envisageait l'établissement des Irlandais sur ce territoire, des immigrants qui avaient déjà un rôle influent en tant que propriétaires terriens et commerçants.
Le premier colon du nom de Charles Turgeon, originaire de Saint-Vallier, serait venu en ces lieux vers 1838, soit bien avant l'érection civile de la paroisse. Déjà en 1852, des gens venant entre autres de Saint-Vallier, Saint-Michel et Saint-Raphaël avaient élu domicile sur le territoire de la future municipalité d'Armagh; celui-ci sera d'ailleurs longtemps considéré comme une desserte de la paroisse de Saint-Raphaël.
Détachée de Saint-Lazare, plus au sud-ouest, la paroisse a d'abord existé comme mission entre 1857 et 1882. Dès 1857, les habitants y avaient construit une chapelle en bois que dessert l'abbé Louis-Napoléon Francoeur, un premier prêtre missionnaire. Les statistiques font état de 1 871 âmes à Armagh en 1871.
Avec une aussi importante population, un nouveau temple s'impose. La construction d'une nouvelle église doit bientôt être interrompue, faute d'argent pour compléter le projet. Un nouveau presbytère sera néanmoins mis à la disposition du pasteur en 1877 et l'érection canonique de la paroisse sera décrétée en 1882. Puis, la paroisse se développe encore, l'église vieillit et elle ne suffit plus aux besoins. De 1933 à 1934, on met donc en chantier l'imposante église existante, aux dimensions d'une cathédrale. Construite par l'entreprise Poudrier et Boulet, qui édifia également plusieurs églises au Québec, elle fait partie du patrimoine religieux d'Armagh.
Le paysage d'Armagh est constitué de terrains accidentés, montagneux et parsemés de collines; il offre des panoramas agro-forestiers très représentatifs du monde rural. Le lac aux Castors, la splendide rivière du Sud, la rivière d'Armagh, sur laquelle on retrouvait autrefois une centrale hydro-électrique, et ses chutes impressionnantes constituent un patrimoine naturel d'une grande beauté.
Le patrimoine bâti situé dans le noyau villageois d'Armagh est relativement bien conservé le long de la rue Principale. Les Fêtes de l'Armagh'nie reviennent au début de chaque été et donnent lieu à des réjouissances communautaires pour l'ensemble de la population.
L'économie locale repose sur des activités agricoles, industrielles et manufacturières. Anciennement, la fabrication du fromage et de boissons gazeuses faisait la réputation de cette paroisse. Aujourd'hui, les principales P.M.E. se composent d'une entreprise spécialisée dans la préparation du béton et d'une deuxième axée sur la fabrication de tables et de chaises de cuisine.
Armagh vers 1910
Les premières photographies d'Armagh montrent un village peu développé et une église à la dimension de la population à desservir. (Photographie : BAnQ)
Armagh vers 1910
Le presbytère construit en 1877 comportait un toit mansardé avec de multiples lucarnes et une magnifique galerie qui l'enveloppait sur deux côtés. L'église a été remplacée en 1934. Le presbytère a été déménagé à deux reprises. Ce bâtiment a aussi servi d'école, d'atelier de couture, de résidence multifamiliale et enfin, de résidence unifamiliale. (Photographie : BAnQ)
Armagh en 1934
En 1934 et 1934, pendant la construction de la nouvelle église, le panorama d'Armagh comptait deux clochers. Le nouveau temple s'impose par sa taille de cathédrale. (Photographie : BAnQ)
La centrale d'Armagh
1921-1950
Les résidents d'Armagh ont pu bénéficier de l'électricité dès 1921, après le parachèvement de la centrale hydroélectrique sur la rivière Armagh. Elle fut en opération jusqu'en 1942, puis fermée en 1950. Il n'en reste que les fondations en aval du barrage existant. (Photo : archives municipales d'Armagh)
Armagh
L'ancienne école Saint-Joseph a accueilli de nombreuses cohortes d'élèves. (Photographie : BAnQ)
Armagh 1904
Construit en 1904, le couvent d'Armagh fut le rendez-vous quotidien de plusieurs jeunes filles. (Photographie : BAnQ)
Armagh Station en 1933
Le rail est arrivé à Armagh en 1913. On y avait construit l'une des plus grosses stations dans Bellechasse sur le réseau du National Transcontinental. Jusqu'en 1960, les locomotives à la vapeur pouvaient s'y ravitailler en eau et en charbon. Une deuxième station fut établie en 1915 à Langlois siding, située quelques kilomètres plus loin. Le dernier train est passé en 1985 et la gare fut démolie.
Armagh 1985
Le style « combiné » de la gare permettait de loger dans le même bâtiment les fonctions de salle d'attente, de bureau, d'entrepôt à marchandises et de logement pour le chef de gare à l'étage. De plan rectangulaire au sol, elle était dotée d'un toit à croupes retroussé, de grandes lucarnes également à croupes, d'une lucarne pendante en façade, d'une abondante fenestration à huit grands carreaux et de fenêtres en saillie de forme semi-hexagonale qui permettaient de surveiller l'arrivée des trains. Ses murs extérieurs étaient revêtus de papier brique. (Photographie : collection Adrien D'Astous)
Armagh 1945
Au départ, les bouilloires des locomotives à la vapeur étaient chauffées au bois. Le charbon s'est vite avéré un combustible plus efficace. Il fallait l'entreposer aux arrêts principaux pour approvisionner les engins; peu de stations avaient une telle goulotte à charbon. La station d'Armagh a conservé cette immense structure jusqu'à la disparition des locomotives à vapeur en 1960. (Photographie : Collection CN)
Le hameau en 1932
La topographie et le respect de la pente de la voie ferrée n'ont pas permis de la localiser à proximité du village. Son implantation à quelque quatre kilomètres vers le sud-ouest a entraîné la création d'un deuxième noyau villageois, loin du clocher paroissial: Armagh Station. Ce hameau est demeuré très actif durant la période d'activité du train. Plusieurs bâtiments témoignent encore de son existence. (Photographie : BAnQ)
Route 281
En 1959, le vieux pont de métal qui était de type à tablier inférieur a été remplacé par le pont actuel à tablier supérieur en acier et avec culées de béton pleines, d'une longueur de 74 m et d'une largeur de 11,5 m. (Photographie : archives municipales)